À retenir avant de monter
- Les salariés concernés déclarent leur participation au moins 48 heures avant, ce qui permet aux opérateurs de bâtir un plan de transport adapté.
- Le code des transports impose d'informer les voyageurs au plus tard 24 heures avant une perturbation prévisible comme une grève.
- Le « service minimum » est un plan de dessertes prioritaires défini par Île-de-France Mobilités, pas un nombre de trains garanti.
- Le remboursement dépend des articles L1222-11 et suivants du code des transports et, en pratique, des campagnes de dédommagement ouvertes par IDFM après certains mouvements.
Les arrêts de cet article
Les jours de grève, le trafic des RER et des trains de banlieue est annoncé la veille, ligne par ligne. Le code des transports oblige l'opérateur à informer les voyageurs au plus tard 24 heures avant une perturbation prévisible, et une grève en fait partie. Ces prévisions sont possibles parce que les salariés concernés déclarent leur participation 48 heures à l'avance.
Le « service minimum », lui, ne garantit pas un nombre de trains. Il oblige à planifier des dessertes prioritaires et à prévenir les voyageurs. Pour le remboursement, la loi prévoit des cas précis, et Île-de-France Mobilités a ouvert des campagnes de dédommagement après certains mouvements, sans automatisme. Voici le détail, texte par texte.
D'où viennent les prévisions publiées la veille
La déclaration individuelle de 48 heures
La loi du 21 août 2007 sur la continuité du service public dans les transports terrestres réguliers de voyageurs a créé une obligation pour les salariés dont l'absence affecte directement le service : déclarer à leur employeur, au plus tard 48 heures avant, leur intention de participer à la grève. Ceux qui renoncent préviennent 24 heures avant. Ces règles figurent aujourd'hui dans le code des transports. La Cour de cassation les a rappelées dans un arrêt du 8 septembre 2021 (n° 19-21.025) et a rappelé leur but : informer les usagers.
Le Sénat a adopté en avril 2024 une proposition de loi qui porterait ce délai à 72 heures. Elle a été examinée en commission à l'Assemblée nationale en janvier 2026. À l'automne 2026, je n'ai trouvé aucune trace de son entrée en vigueur. Le texte consolidé sur Légifrance reste la référence si vous lisez cet article plus tard.
Le plan de transport adapté
Avec ces déclarations, l'opérateur sait combien de conducteurs et d'agents seront présents. Il bâtit alors un plan de transport adapté : quels trains circulent, sur quelles branches, à quelles heures. C'est ce plan qui devient la prévision « un train sur deux » ou « un train sur trois » que vous lisez la veille.
Les prévisions varient d'une ligne à l'autre pour une raison simple : chaque ligne a ses propres équipes. Sur une ligne partagée comme le RER B, une partie relève de la RATP et l'autre de la SNCF, et les deux prévisions peuvent différer. La fiche RER B rappelle ce découpage.
L'information au plus tard 24 heures avant
L'article L1222-8 du code des transports pose deux règles. Tout usager a droit, en cas de perturbation, à une information gratuite, précise et fiable sur le service assuré. Et pour une perturbation prévisible, cette information est délivrée au plus tard 24 heures avant son début. Les grèves comptent parmi les perturbations prévisibles, comme les plans de travaux, et les incidents techniques une fois passé un délai de 36 heures.
Ce que le « service minimum » prévoit vraiment
L'expression laisse croire à un plancher de trains. La loi n'en fixe pas. Le chapitre du code des transports consacré à la continuité du service en cas de perturbation prévisible organise une chaîne de responsabilités.
| Qui | Ce que le code lui demande |
|---|---|
| L'autorité organisatrice (en Île-de-France, IDFM) | Définir les dessertes prioritaires et les niveaux de service à assurer |
| L'entreprise de transport | Établir un plan de transport adapté et un plan d'information des usagers |
| L'entreprise de transport | Informer les voyageurs au plus tard 24 heures avant la perturbation |
| L'entreprise de transport | Rendre compte à l'autorité organisatrice après chaque perturbation |
Le plan adapté dépend donc du nombre de grévistes déclarés. Si presque tous les conducteurs d'une ligne sont en grève, le plan peut prévoir très peu de trains, voire aucun sur certaines branches.
Où suivre la grève, et ce que disent les données
Les prévisions apparaissent sur les sites et les applications des opérateurs, en gare et sur les réseaux sociaux de chaque ligne. Le comparatif Applis de transport en Île-de-France détaille ce que chacune affiche.
Côté données ouvertes, Île-de-France Mobilités diffuse sur sa plateforme PRIM une API de messages d'information trafic, qui regroupe les messages de perturbation publiés par la RATP, la SNCF et les autres opérateurs. Un jour de grève, c'est là que passent les annonces ligne par ligne. Je n'ai trouvé en revanche aucun jeu de données qui publie la prévision sous forme chiffrée, train par train : elle se lit dans le texte des messages. L'article Les données ouvertes des transports franciliens explique comment accéder à ces API.
Un détail technique qui piège les outils maison : les horaires théoriques au format GTFS ne reflètent pas le plan adapté. Un tableau des départs construit uniquement sur eux affiche des trains qui ne rouleront pas. C'est la même limite que les cartes « en temps réel » d'il y a quinze ans, racontée dans l'article sur Where Is My Train.
Recours : ce que la loi prévoit pour le remboursement
Le principe dans le code des transports
Les articles L1222-11 et L1222-12 du code des transports traitent du dédommagement des voyageurs. Le premier vise le cas où l'entreprise de transport est directement responsable d'un défaut d'exécution du plan de transport adapté ou du plan d'information des usagers : l'autorité organisatrice lui impose alors un remboursement total des titres de transport, en fonction de la durée d'inexécution. Le second prévoit, selon les cas, une prolongation de validité de l'abonnement, un échange ou un remboursement. Le texte exact, et sa version en vigueur, se lisent sur Légifrance.
Pour le voyageur, la nuance compte. La grève en elle-même ne déclenche pas un droit automatique. Ce que la loi encadre, c'est l'écart entre le plan annoncé et ce qui a réellement circulé, ou une information défaillante.
Les campagnes de dédommagement d'IDFM
En pratique, Île-de-France Mobilités a ouvert des campagnes de dédommagement des abonnés Navigo après plusieurs grandes grèves. Après le mouvement de décembre 2019, une plateforme commune avec la RATP et Transilien SNCF a ouvert le 31 janvier 2020. Après les grèves du premier semestre 2023, la page d'IDFM consacrée à cette campagne détaillait les conditions : demande en ligne avec un compte Île-de-France Mobilités Connect, entre le 5 juillet et le 2 août 2023. Le montant dépendait du nombre de jours touchés, avec un minimum de 10 euros pour les abonnés éligibles.
Ces montants et ces dates valaient pour cette campagne-là. Chaque dédommagement est décidé au cas par cas, avec ses propres règles. IDFM a aussi mis en garde, lors de ces campagnes, contre de faux sites de remboursement : la demande passe uniquement par ses canaux officiels.
Ce dispositif ponctuel n'est pas le même que le dédommagement annuel lié à la ponctualité, qui concerne les lignes trop souvent en retard. Celui-là est expliqué dans l'article sur le dédommagement des abonnés Navigo.
Retard au travail : le justificatif
Un jour de grève, certains employeurs demandent une preuve. Les opérateurs délivrent des justificatifs de perturbation ou de retard, avec des conditions qui varient selon la ligne et le délai. La démarche est détaillée dans l'article Retard de RER ou de Transilien : obtenir un justificatif. Pour la prise en charge du passe Navigo par l'employeur, rien ne change pendant une grève : la règle reste celle du code du travail.
Les autres articles sur les perturbations, les retards et l'information voyageurs sont regroupés dans la rubrique Trafic et perturbations.
Questions rapides
Grève dans les RER : les questions qui reviennent
Pourquoi les prévisions de trafic tombent-elles la veille et pas plus tôt ?
Les salariés concernés se déclarent au plus tard 48 heures avant. L'opérateur bâtit ensuite son plan de transport adapté, et le code des transports lui impose d'informer les voyageurs au plus tard 24 heures avant la perturbation.
Réponse dans la partie D'où viennent les prévisions publiées la veille
Qui décide des trains maintenus un jour de grève ?
Île-de-France Mobilités définit les dessertes prioritaires et les niveaux de service. L'entreprise de transport établit ensuite le plan de transport adapté en fonction des grévistes déclarés.
Réponse dans la partie Ce que le « service minimum » prévoit vraiment
Pourquoi le RER B peut-il avoir deux prévisions différentes ?
Une partie de la ligne relève de la RATP et l'autre de la SNCF. Chaque opérateur bâtit son plan avec ses propres équipes.
Réponse dans la partie Le plan de transport adapté
Une appli fondée sur les horaires GTFS est-elle fiable un jour de grève ?
Non, si elle n'utilise que les horaires théoriques : ils ne reflètent pas le plan adapté. Les messages d'information trafic et les prochains passages en temps réel sont plus à jour.
Réponse dans la partie Où suivre la grève, et ce que disent les données
La grève donne-t-elle droit à un remboursement automatique ?
Non. La loi vise surtout le défaut d'exécution du plan annoncé ou de l'information. IDFM a ouvert des campagnes de dédommagement après certains mouvements, chacune avec ses propres règles.
Réponse dans la partie Recours : ce que la loi prévoit pour le remboursement
Votre correspondance : Les données ouvertes des transports franciliens : ce qu'on y trouve, messages trafic compris
Questions de voyageurs
Quand sont publiées les prévisions de trafic un jour de grève ?
Le code des transports impose une information des voyageurs au plus tard 24 heures avant le début d'une perturbation prévisible. Les opérateurs publient donc leurs prévisions la veille, sur leurs sites, leurs applis et en gare.
Le service minimum garantit-il un nombre de trains ?
Non. La loi demande à l'autorité organisatrice de définir des dessertes prioritaires et des niveaux de service, et à l'opérateur de bâtir un plan de transport adapté. Aucun nombre de trains n'est garanti.
Combien de temps avant une grève les salariés doivent-ils se déclarer ?
48 heures avant, selon le régime en vigueur à l'automne 2026. Une proposition de loi visant 72 heures a été adoptée par le Sénat en 2024 ; Légifrance indique le texte applicable.
Mon passe Navigo est-il remboursé en cas de grève ?
Pas automatiquement. IDFM a ouvert des campagnes de dédommagement après certains mouvements, par exemple après les grèves de début 2023, avec une demande en ligne pendant quelques semaines.
Où suivre la grève en direct ?
Sur les sites et applis de la RATP, de SNCF Voyageurs et d'Île-de-France Mobilités, qui reprennent les messages d'information trafic des opérateurs.



