À retenir avant de monter
- Le portail PRIM d'Île-de-France Mobilités regroupe des jeux de données statiques (horaires GTFS, arrêts, tracés) et des API temps réel.
- Les fichiers GTFS d'IDFM sont diffusés sous licence ODbL ; les API et certains jeux relèvent de la licence Mobilité, avec un compte gratuit.
- Les API de prochains passages et d'info trafic ont des quotas journaliers et ne couvrent pas tout le réseau.
- transport.data.gouv.fr est le point d'accès national aux données de transport, désigné par décret en 2020.
Les arrêts de cet article
Les données ouvertes des transports franciliens se trouvent pour l'essentiel sur PRIM, le portail régional d'information pour la mobilité tenu par Île-de-France Mobilités. On y télécharge les horaires théoriques de toutes les lignes au format GTFS, la liste des arrêts, les tracés, et on peut interroger des API temps réel (prochains passages, messages d'info trafic) avec un compte gratuit.
Ce qu'on en fait dépend de votre patience. Un tableur suffit pour lire la liste des gares d'une ligne. Un petit script suffit pour afficher les trois prochains départs de votre gare. Une carte animée de tous les RER demande plus de travail, et les données ne disent pas tout. Je bricole avec ces fichiers depuis un moment, je vous raconte ce qui est publié, pas ce qui se passe dans les bureaux de l'autorité organisatrice, que je ne connais pas.
Ce que publie Île-de-France Mobilités sur PRIM
La page open data d'Île-de-France Mobilités renvoie vers PRIM, qui sépare deux familles : les jeux de données statiques, qu'on télécharge, et les API, qu'on interroge. La documentation fonctionnelle du portail annonçait plus de soixante jeux de données, des horaires aux arrêts en passant par le plan des réseaux. Le catalogue bouge, le nombre exact aussi.
Les jeux statiques : horaires, arrêts, tracés
Le fichier qui intéresse le plus de monde, c'est le GTFS. Derrière ce sigle (General Transit Feed Specification) se cache une archive de fichiers texte, chacun avec une table : les lignes, les arrêts, les trajets, les heures de passage, le calendrier des jours de circulation. Un GTFS décrit l'offre prévue, celle de la fiche horaire. Il ne dit rien du train qui a dix minutes de retard ce matin.
À côté, on trouve les référentiels d'arrêts et de lignes, les tracés géographiques des lignes (dérivés du GTFS), et des données plus inattendues quand on cherche juste un horaire : l'état des ascenseurs en gare, par exemple. Pour qui veut savoir si une correspondance est praticable avec une poussette, c'est ce jeu-là qui compte.
Les API : le temps réel, avec un compte
Les API répondent à une question posée au moment présent. Les deux plus utilisées pour le train sont « Prochains passages », en requête unitaire (un arrêt, une ligne) ou globale (tout le réseau d'un coup), et « Messages Info Trafic », qui renvoie les messages affichés sur les écrans des espaces de transport. Le format de réponse est SIRI Lite, une version simplifiée en JSON d'une norme européenne d'échange de données temps réel.
Pour les appeler, on crée un compte sur PRIM et on obtient un jeton d'accès. L'usage est gratuit. Chaque API a un quota d'appels par jour, qui dépend de l'API et de l'ancienneté du compte ; quand on le dépasse, le serveur répond par un code 429 et refuse les appels suivants. La requête globale renvoie un fichier très lourd, envoyé compressé : la documentation demande d'ajouter l'en-tête Accept-Encoding: gzip, deflate.
Un point m'a fait perdre une soirée au début : la page de l'API précise que les prochains passages en temps réel ne sont disponibles que pour une partie du réseau francilien. Si votre arrêt ne répond rien, ce n'est pas forcément votre code.
Les licences : ODbL, licence Mobilité, et ce qu'elles imposent
Toutes les données de PRIM ne sont pas sous la même licence, et c'est la partie qu'on lit le moins.
| Ce que vous utilisez | Licence indiquée | Ce que ça implique en pratique |
|---|---|---|
| Fichiers GTFS d'offre IDFM | ODbL (selon la documentation GTFS d'IDFM) | Citer la source ; si vous rediffusez une base dérivée, la partager sous la même licence |
| Tracés des lignes (source GTFS) | ODbL | Mêmes obligations |
| API temps réel et certains jeux statiques | Licence Mobilité | Compte obligatoire, conditions d'utilisation à accepter avant le premier appel |
| Autres jeux du catalogue | Variable (ODbL, Etalab, Creative Commons) | Lire la fiche de chaque jeu |
L'ODbL (Open Database License) est une licence de base de données : vous pouvez réutiliser, modifier, publier, à condition de mentionner la source et de redistribuer sous la même licence une base que vous auriez enrichie. Elle ne vous oblige pas à ouvrir le code de votre appli. La licence Mobilité, elle, encadre les API : je n'ai pas vu de raison de la résumer ici à la place du texte, qui est sur le portail et qu'on accepte en créant son compte.
Pourquoi ces données sont publiques : la LOM et le point d'accès national
L'ouverture n'est pas seulement une bonne volonté. Un règlement délégué européen, le n° 2017/1926, organise la mise à disposition des données de déplacement multimodal. En France, l'article 25 de la loi n° 2019-1428 du 24 décembre 2019 d'orientation des mobilités (LOM) en précise l'application et l'étend à d'autres catégories de données, codifiées dans le code des transports à partir de l'article L. 1115-1 (texte consultable sur Légifrance).
Le décret n° 2020-183 du 28 février 2020 a désigné transport.data.gouv.fr comme point d'accès national aux données de l'information multimodale. Concrètement, c'est un catalogue national : vous y retrouvez le jeu « Réseaux urbains et interurbains d'Île-de-France Mobilités », avec ses fichiers GTFS et NeTEx, à côté des réseaux d'autres régions. Pratique quand on veut comparer, ou quand on cherche un lien de téléchargement stable.
L'Autorité de régulation des transports suit la publication et l'usage de ces données de mobilité et publie des rapports sur le sujet. Le cadre a encore bougé depuis : un règlement délégué de 2024 modifie celui de 2017 et l'article L. 1115-1 a été réécrit. Si vous montez un service commercial, c'est le texte en vigueur sur Légifrance qui fait foi, pas mon résumé.
Ce qu'on en fait, concrètement
Retrouvez les grandes lignes du réseau ferré dans notre article sur la lecture du plan du RER : c'est souvent par là qu'on commence avant de toucher aux données.
Sans écrire une ligne de code
Ouvrez le fichier stops.txt du GTFS dans un tableur : vous avez la liste de tous les arrêts, avec leurs coordonnées. Filtrez sur un nom de gare et vous verrez qu'une même gare peut apparaître plusieurs fois (une « zone d'arrêt » et ses quais). Le fichier routes.txt donne les lignes, trips.txt les trajets, stop_times.txt les heures. Ce dernier est énorme : un tableur ordinaire peine à l'ouvrir en entier.
Les tracés existent aussi en formats géographiques, qu'un logiciel de cartographie libre affiche directement sur un fond de carte. Chez moi, c'est la première chose que j'ai faite : poser les lignes de RER sur une carte et vérifier à l'œil que les branches tombaient au bon endroit.
Avec un peu de code
Le projet classique, c'est le tableau des prochains départs de sa gare : une requête unitaire « Prochains passages » toutes les minutes, un tri par heure, un affichage sur une page web ou un vieil écran. Avec une requête par minute, on reste loin des quotas annoncés, mais ce n'est pas une raison pour interroger toutes les secondes : la documentation demande de lisser les appels dans la journée.
Autres usages répandus :
- calculer, à partir du GTFS, le nombre de trains prévus par heure dans une gare et le comparer entre semaine et week-end ;
- repérer les jours de travaux prévus, qui apparaissent dans le calendrier du GTFS comme des services supprimés ou ajoutés ;
- croiser les messages d'info trafic avec une liste de lignes suivies pour recevoir une alerte.
Le dernier point demande de la prudence. Un message d'info trafic récupéré par API reste un message de l'opérateur : votre outil ne sait pas mieux que lui ce qui se passe. Pour un justificatif ou une démarche, ce sont les canaux officiels qui comptent, pas une capture de votre tableau maison. La question des retards répétés et de leur dédommagement, par exemple, passe par les procédures d'Île-de-France Mobilités, détaillées dans notre article sur le dédommagement des abonnés Navigo.
Ce que les données ne disent pas
Elles ne donnent pas les raisons d'un incident. Elles ne disent pas combien de voyageurs sont dans un train. Elles ne garantissent pas qu'un horaire théorique sera tenu. Et une donnée publiée peut contenir des erreurs : un atelier d'utilisateurs organisé par PRIM en 2021 relevait déjà des manques dans les fichiers GTFS. Quand une incohérence vous saute aux yeux, le portail a une rubrique d'aide et de contact. Signaler vaut mieux que corriger dans son coin.
Par où commencer
Si vous débutez, je vous raconte l'ordre qui a marché pour moi : télécharger le GTFS sans compte, l'ouvrir dans un tableur, trouver sa gare, puis seulement créer un compte PRIM pour tester une requête de prochains passages. Lire la licence au moment où l'on télécharge, pas après avoir publié quelque chose.
Le reste de la rubrique Données et applis suit le même fil : ce qui est publié, comment le lire, et où s'arrête ce qu'on peut en dire. Pour les règles qui touchent votre forfait, les sources restent Île-de-France Mobilités et les textes officiels, et les articles de la rubrique Titres et tarifs les citent à chaque fois.
Contrôle des connaissances
Open data IDFM : avez-vous retenu l'essentiel ?
Quatre questions tirées de l'article, réponses expliquées.
Que décrit un fichier GTFS publié par Île-de-France Mobilités ?
- La position exacte des trains en ce moment
- L'offre prévue : lignes, arrêts, trajets et heures de passage
- Le nombre de voyageurs dans chaque train
Réponse dans la partie Les jeux statiques : horaires, arrêts, tracés
Le GTFS décrit les horaires théoriques, ceux de la fiche horaire. Il ne dit rien d'un retard en cours.Que faut-il pour appeler les API temps réel de PRIM ?
- Un abonnement payant
- Un compte gratuit, un jeton et l'acceptation des conditions d'utilisation
- Rien, elles sont ouvertes sans inscription
Réponse dans la partie Les API : le temps réel, avec un compte
L'usage est gratuit, mais il faut un compte PRIM, un jeton d'accès, et respecter des quotas journaliers.Sous quelle licence la documentation d'IDFM place-t-elle ses fichiers GTFS d'offre ?
- ODbL
- Tous droits réservés
- Domaine public sans condition
Réponse dans la partie Les licences : ODbL, licence Mobilité, et ce qu'elles imposent
L'ODbL impose de citer la source et de partager sous la même licence une base dérivée rediffusée.Quel site a été désigné point d'accès national aux données de transport par le décret du 28 février 2020 ?
- prim.iledefrance-mobilites.fr
- transport.data.gouv.fr
- legifrance.gouv.fr
Réponse dans la partie Pourquoi ces données sont publiques : la LOM et le point d'accès national
Le décret n° 2020-183 désigne transport.data.gouv.fr, qui référence aussi les jeux d'IDFM.Votre arrêt ne renvoie aucun prochain passage via l'API. Quelle explication l'article donne-t-il ?
- Le temps réel ne couvre qu'une partie du réseau
- Les API ne fonctionnent que le week-end
- Le GTFS doit d'abord être téléchargé
Réponse dans la partie Les API : le temps réel, avec un compte
La documentation de l'API précise que les prochains passages temps réel ne sont disponibles que pour une partie du réseau francilien.
Votre correspondance : Retards à répétition : comment fonctionne le dédommagement des abonnés Navigo
Questions de voyageurs
Où trouver les données ouvertes d'Île-de-France Mobilités ?
Sur PRIM, le portail régional d'information pour la mobilité, accessible depuis la page open data d'Île-de-France Mobilités. Une partie des jeux est aussi référencée sur transport.data.gouv.fr.
Faut-il payer pour utiliser les API de PRIM ?
Non. L'usage est gratuit, avec un compte à créer, des conditions d'utilisation à accepter et des quotas d'appels par jour à respecter.
Sous quelle licence sont publiés les horaires GTFS d'IDFM ?
La documentation GTFS d'IDFM indique la licence ODbL pour les fichiers d'offre. Les API et certains jeux statiques relèvent de la licence Mobilité, à lire avant toute réutilisation.
Les prochains passages sont-ils disponibles pour toutes les gares ?
Pas forcément. La documentation de l'API indique que les horaires de prochains passages en temps réel ne couvrent qu'une partie du réseau francilien.



